Chinoiseries

Création 2016

Une comédie de Evelyne de la Chenelière
Mise en scène Nabil El Azan
Assistante à la mise en scène Marie-Noële Bordeaux
Scénographie/costumes  Anne-Sophie Grac (JTN)
Lumières Philippe Lacombe

Avec
Christine Murillo et Jean-Claude Leguay 

Bande Annonce


Lieux des représentations

Vingtième Théâtre. Paris. 2016
Théâtre des Halles. Avignon. 2016


Coproduction Compagnie La Barraca le théâtre monde
et Les Déchargeurs / Le Pôle diffusion
En coréalisation avec le Vingtième Théâtre
Avec le soutien de la Drac-Île de France, de la Spedidam
et la participation artistique du Jeune Théâtre National


La pièce

Deux voisins de palier, Mme Potée et M. Chiton. Mme Potée aime se brider les yeux pour apparaître telle une chinoise. M. Chiton souffre d’une tare familiale : on ne le remarque jamais. Ils vivent seuls,  aimeraient bien se rencontrer, pourquoi pas s’aimer. Alors ils se tournent autour, s’épient, se croisent dans l’ascenseur. Mais y a-t-il un ascenseur dans l’immeuble ? D’ailleurs sortent-ils de chez eux vraiment ? Chez Madame Potée un drôle de truc traîne dans le placard. Et Monsieur Chiton a dû trop regarder Psycho. Ainsi va ce couple d’un genre inédit, de coups croisés en coups manqués. Jusqu’au jour où Mme Potée décide de tenter le tout pour le tout en s’envolant vers M. Chiton.


Le mot de l’auteur

L’histoire est simple : Monsieur Chiton et Madame Potée, voisins d’étages, vivent chacun dans la plus grande solitude, et semblent faits l’un pour l’autre. Ils se croisent tous les jours, et pourtant ils n’arrivent pas à se rencontrer.
Je voudrais que Monsieur Chiton ait les bras un peu trop longs. Il a la cinquantaine, mais ses bras lui donneraient un peu l’air adolescent.
Je voudrais que Madame Potée porte des tenues extravagantes jurant avec sa timidité, donc des vêtements très colorés, avec des motifs chinois. Elle aussi a la cinquantaine.
Leur isolement est entre autres symbolisé par la singularité de leur apparence, de leurs habitudes, de leur façon de se déplacer, de manger, de parler, de penser.
Monsieur et Chiton et Madame Potée sont des étrangers. Cependant, j’aimerais qu’il y ait sur scène des images très claires d’une intimité mystérieuse entre eux. Des brèches. Presque des accidents. Comme s’ils s’inventaient des souvenirs d’une vie commune qu’ils auraient eue. Ainsi ils peuvent vivre devant nous des instants dont on devine tout un passé commun, une connaissance pointue de l’un et l’autre, sans qu’on puisse identifier clairement s’il s’agit d’un fantasme, d’une projection dans l’avenir, ou encore d’un jeu qu’ils s’inventent.
J’aime, autrement dit, que l’intimité côtoie l’anonymat. Ils sont des anonymes, des étrangers, intimes malgré eux. Evelyne de la Chenelière


Le mot du metteur en scène

Ce qui m’a séduit d’emblée dans Chinoiseries, c’est sa proposition formelle. La pièce ne ressemble à rien de connu. Tout y est décalé, distordu, inédit. Les personnages d’abord, avec leur allure tout droit sortie d’une fantasmagorie de bande dessinée. Cette façon de parler d’eux à la troisième personne, comme des récitants d’eux-mêmes, puis de revenir au je,  comme si de rien n’était. Leur discours ensuite, nerveux, ramassé, tout à la fois familier et étrange. Leurs actes hilarants, inattendus, voire fantastiques.  La situation enfin : voilà deux êtres de ce monde, si loin de nous, si proches,  qui se « collent » l’un à l’autre, qui se parlent, qui se touchent, mais sans jamais se rencontrer ! Rien que pour ça, il y a de quoi mettre en appétit (et en branle) l’imaginaire. Voilà une sacrée équation à résoudre en effet, comment se voir et se toucher sans se rencontrer ? S’il n’y avait que cela ? Mille et un autres casse-tête (chinois) à résoudre dans cette pièce gigogne et bouffonne à la fois, où démêler le vrai et le faux n’est pas qu’une problématique métaphysique. Mais proprement scénique.

Éloigner pour mieux saisir les enjeux de la réalité, faire rire  pour mieux ouvrir les yeux sur les drames de l’existence, et surtout ne pas sombrer dans la déprime ni le sentimentalisme de bon aloi,  des fondamentaux de mon travail depuis des années.
Nabil El Azan


Revue de presse (extraits)

  •  Le quotidien du médecin  Artiste très fin, qui a le sens des nuances, Nabil El Azan a réuni ces deux comédiens excellents que sont Jean-Claude Leguay et Christine Murillo. Ils sont épatants.  Deux virtuoses… Une soirée originale avec deux merveilleux comédiens que le public applaudit beaucoup.
  • Le Figaro Les personnages sont incarnés par deux merveilleux interprètes, Jean-Claude Leguay est épatant en vieux garçon bougon et sentimental. Épanouie et lumineuse, Christine Murillo est aérienne et bouleversante. Nabil El Azan les dirige avec tact et malice.
  • Froggy’s Delight  Une épatante mise en scène de Nabil El Azan… il a privilégié le burlesque et l' »hénaurme » qui exigent finesse, talent, technique et capacité des comédiens à dynamiter leur personnage tout en les incarnant. A cette fin, il a judicieusement composé un duo de haute volée, Christine Murillo et Jean-Claude Leguay. Tous deux sont époustouflants et désopilants, lui en névrosé inquiétant, elle en exubérante hurluberlue, et dispensent de grands moments d’anthologie, tout en apportant une belle humanité sensible à ces deux handicapés de la vie. Du grand art.
  • France Culture (Un autre jour est possible) Deux très grands comédiens, exceptionnels. On rit beaucoup.
  • Webthéâtre Fabuleux et extravagants « bourrichonneurs », Christine Murillo et Jean-Claude Leguay sèment le doute, brouillent les pistes, « chinoisent » comme larrons en foire, nous embarquent avec finesse dans les méandres d’improbables fantasmes où sous la cocasserie des situations, c’est toute l’épaisseur d’une vie. Aussi déchirants que désopilants, ils font de leurs chinoiseries un moment de théâtre loufoque et poétique à ne pas manquer.
  • L’Orient-le-Jour Chinoiseries est aussi la pièce du culot, de l’audace et du burlesque. On y rit, on y pleure et on en sort absolument bouleversé. Les deux personnages sont incarnés avec un brio par Christine Murillo, fine et truculente, et par Jean-Claude Leguay, irrésistible en névrosé apeuré. Leur dialogue tour à tour pétillant, grinçant, décalé, poétique, tendre ou violent emmène les spectateurs encore plus loin sur le chemin d’une humanité.
  • Culture-Tops Christine Murillo, exquise, et Jean Claude Leguay nous procurent l’un et l’autre beaucoup d’émotion. L’auteur, Evelyne de La Chenelière a cette petite folie dans laquelle la création canadienne excelle. Son écriture est précise, vive, drôle, ludique, décalée, loufoque. La mise en scène est remarquable. Nabil El Azan nous tient en haleine du début jusqu’à la fin.
  • Pariscope Le texte d’Evelyne de la Chenelière séduit incontestablement par son originalité et sa tendresse. On devine le plaisir gourmand de Nabil El Azan à le mettre en scène. Et il le fait fort adroitement. Christine Murillo et Jean-Claude Leguay sont proprement excellents, ils apportent une espièglerie et une réelle émotion à leur partition.
  • Spectatif.over-blog Un spectacle hors du commun comme on les aime. Une folie de rêve éveillé, déguisé en histoire d’amour à dormir debout, plongé dans l’absurde et dégoulinant de drôlerie. On sort de ce spectacle surpris et ravi. Un petit bijou de loufoquerie, un délice de délire à ne pas manquer !  
  • Théâtral Magazine La situation est drôle, propice à une pièce à la fois touchante et absurde.
  • Télérama sortir L’écriture de la jeune auteure québécoise est pleine de fantaisie. Le style est décalé, nerveux…
  • Sceneweb On rit de cet empilement de situations ubuesques.
  • Théâtre du blog Nabil El Azan a su mettre en scène cette pièce atypique, et d’une grande liberté de ton, en impulsant chez les acteurs un jeu tout en finesse. Sans craindre le grotesque et tout en ménageant des suspensions poétiques. 
  • RMC Doualiya Une pièce remarquable d’Evelyne de la Chenelière, auteure de la jeune génération québecoise, que Nabil El Azan met en scène avec légèreté et élégance en faisant ressortir la dimension profondément douloureuse du propos.
  • GBTimes Nabil El Azan met en scène les formidables Christine Murillo et Jean-Claude Leguay dans une comédie décalée, sensible et poétique. Excellent moment.
  • Radio-Orient Une pièce qui jette un regard profond sur la solitude de l’homme contemporain… Grâce au jeu burlesque, la mise en scène établit cette distance qui rend plus poignant le tragique de la situation. La merveilleuse Christine Murillo y est remarquable.